dimanche 30 mars 2014

Au CARREFOUR DU DESESPOIR.

Chez Carrefour, sans argent ni secours, dur de positiver ! Bas salaires, pauvreté et discrimination syndicale sont les ingrédients du drame qui s’est déroulé jeudi dernier au magasin Carrefour de Rambouillet (Yvelines). Ce matin-là, une caissière qui devait prendre son service s’est garée sur le parking de l’hyper et s’est aspergée d’essence. Des employés du magasin voisin ont donné l’alerte, ce qui a permis qu’elle soit arrêtée à temps, briquet à la main. La CGT commerce, qui a rendu l’affaire publique, pointe la responsabilité de la direction. Que s’est-il passé ? Employée à temps partiel, culminant à 900 euros de salaire mensuel, cette caissière, qui élève seule son fils handicapé de vingt et un ans, s’est retrouvée en grande difficulté financière, avec deux mois de loyer en retard et un surendettement lié à un crédit à la consommation. Il y a trois semaines, elle demande une aide auprès du fonds de solidarité que Carrefour a mis en place en 2004, raconte Florence, représentante CGT dans le magasin : « Mais la personne qui s’est occupée de son dossier lui a fait savoir que le directeur ne savait pas s’il allait accepter, car il n’était pas content qu’elle ait fait une action en justice. » La caissière fait partie des cinq salariés du magasin qui, avec la CGT, ont osé attaquer Carrefour aux prud’hommes pour obtenir une prime de nettoyage des tenues de travail. Finalement, la demande d’aide est refusée, la raison officielle étant qu’il manque un papier. Mardi 18 mars. Alors qu’elle est au travail, un huissier débarque chez elle pour faire l’inventaire des biens à saisir. Prévenue par son fils, elle est aux cent coups. « Quand elle est venue me voir, je lui ai proposé de l’accompagner chez le directeur, pour lui demander une avance sur le treizième mois, je sais que cela se fait, dit Annick, syndiquée CGT. Il s’est mis en colère en disant que son bureau n’est pas une banque, et l’a accablée de reproches, en lui disant qu’elle ne sait pas gérer son budget, qu’elle est souvent en arrêt maladie, et que la procédure aux prud’hommes va coûter 1 500 euros de frais d’avocat au magasin. Elle est sortie tête baissée, honteuse, pas bien. » Alors que la déléguée devait l’aider à écrire un courrier de demande d’avance, la caissière la recontacte le lendemain pour lui dire de laisser tomber, qu’elle ne veut plus avoir affaire à la direction. Le jour d’après, elle tente de s’immoler. D’après la CGT, le directeur aurait dit à la police que la salariée avait des « problèmes personnels ». Mais il n’aurait pas la conscience tranquille puisque la directrice des ressources humaines aurait contacté la salariée, en maison de repos, pour lui dire que les propos du directeur avaient été mal compris, qu’il ne fallait pas lui en vouloir… Contacté par l’Humanité, Carrefour France précise que la salariée avait déjà reçu « récemment » une aide du fonds de solidarité, mais que cette fois elle lui a été refusée. Son dossier sera « de nouveau étudié », indique la société qui se dit « très attentive aux conditions de travail » de son personnel. Fanny Doumayrou
Article de l'humanité.

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