vendredi 5 août 2011

interresement

 






Le nouvel accord d’intéressement vient d’être signé entre diverses organisations syndicales et la direction nationale. La CGT quand à elle réaffirme sa position en refusant d’apposer sa signature sur un accord entérinant un système de rémunération aléatoire basé pour l’essentiel sur l’évolution des critères de rentabilité et de productivité, en inadéquation avec les véritables attentes sociales des salariés.

Non seulement nous ne pourrons pas éternellement « travailler plus » pour faire gonfler année après année le chiffre d’affaire dans un contexte économique ou les salariés de notre pays ont de plus en plus de mal à boucler leur fin de mois mais, en plus, le coté « aléatoire » de ces primes ne correspond en rien à nos attentes salariales !

Par ailleurs, il faut préciser que ces primes n’entrant pas dans l’assiette des cotisations sociales, toute rémunération délivrée par ce biais, participe à creuser un peu plus les déficits des comptes sociaux que les gouvernements s’empressent ensuite de faire « chèrement payer » aux travailleurs de notre pays tout en les culpabilisant !

Enfin, pour parler de l’ « esprit» même de ces accords qui devaient permettre « d’associer les salariés aux résultats ou aux performances de l’entreprise », il n’y a qu’à comparer l’indécence des sommes colossales versées aux hauts dirigeants et aux actionnaires principaux du groupe avec les quelques « miettes » nonchalamment jetées aux pieds des salariés qui sont pourtant les vrais créateurs de richesse de l’entreprise, pour conforter la CGT dans ses positions :

LES SALARIÉS ONT BESOIN DE VERITABLES SALAIRES DIRECTS LEUR PERMETTANT CHAQUE MOIS
DE VIVRE DIGNEMENT ET NON PAS DE PETITES PRIMES DISTRIBUÉES DE TEMPS EN TEMPS !

De plus, même si les accords antérieurs étaient pour le moins inintéressants pécuniairement parlant ( !) ils avaient la particularité de déclencher de « l’intéressement » sur des critères d’obtention que les salariés pouvaient concrètement maitriser (taux de démarque par exemple) ou sur des « item en expansion » comme le taux d’encartage fidélité des clients.
Aujourd’hui et pour les 3 années à venir :
Bienvenue au royaume de la SUBJECTIVITÉ la plus totale !

En effet les critères d’obtention de l’intéressement se baseront désormais, non pas sur des critères objectifs maitrisés par les salariés ou en rapport avec l’activité économique réelle du magasin mais sur…. « Le taux de SATISFACTION (???) de la clientèle », dans le même temps ou, de par la baisse considérable des effectifs et la dégradation de nos conditions de travail, Carrefour fait tout pour les faire fuir ! Il est à noter au passage qu’il nous incombe désormais, en plus de tout le reste, de faire nous même ces enquêtes de satisfaction ! un comble !

Le second critère de déclenchement d’intéressement n’est pas plus concret puisqu’il sera basé sur le nombre et le prix des produits « marque distributeur » (c'est-à-dire produits Carrefour) que nos chers clients auront eu la bonté malgré tout, d’acheter dans l’année !

C’est pourquoi la CGT continuera encore et toujours, à revendiquer des salaires directs, augmentés à la hauteur de notre travail et des richesses que nous créons, afin de nous permettre de vivre dignement et « concrètement » au lieu de rentrer dans l’engrenage de ces rémunérations aléatoires et hasardeuses, basées de plus en plus sur des critères tellement subjectifs que l’on commence à entrevoir la réelle volonté de la direction nationale, qui est d’écarter définitivement les travailleurs de toute répartition juste et proportionnée des profits colossaux dégagés grâce a leur labeur !

Chez Carrefour, il sera hélas toujours plus « INTERRESSANT » d’être actionnaire de référence (COLONY CAPITAL) et de compter les millions d’euros engrangés sur le dos des travailleurs plutôt que salarié qui nous levons chaque jour pour faire prospérer l’entreprise en échange des quelques « miettes » concédées avec compassion !
La CGT, 05.08.11

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