lundi 22 mars 2010

HéraultCarrefour contre CGT : acte II aux prud’hommes

SOURCE MIDI LIBRE
Édition du dimanche 21 mars 2010


Une salariée, élue du syndicat, accuse le patron de l’hyper de Saint-Clément de l’avoir harcelée au travail. Au début du mois de février, le tribunal correctionnel s’était penché sur les relations tendues entretenues entre la CGT et la direction de l’hypermarché Carrefour de Saint-Clément-de-Rivière. Cette dernière était notamment accusée d’entrave syndicale alors que l’organisation se voyait reprocher ses manières violentes. Un mois plus tard, les deux parties se sont retrouvées devant le tribunal des prud’hommes pour une question de discrimination syndicale et de « souffrance au travail ».
Une salariée de l’hyper, devenue déléguée syndicale en 2007, affirme avoir fait l’objet jusqu’en 2010 de plusieurs

décisions pénalisantes, changement d’horaires, de poste, en raison principalement de son activité syndicale. « Un comportement répété et inacceptable », a insisté son avocat, Me Mora, devant le conseil des prud’hommes. Selon Carrefour, en revanche, la jeune femme « n’a eu de cesse d’entretenir une relation conflictuelle avec son employeur » après avoir perdu un premier procès pour des rappels de salaires.

Entre l’employée et son patron, les relations sociales semblent avoir atteint un point de non retour. L’avocat de l’enseigne dresse le portrait d’une personne « discourtoise, querelleuse, revendicative, agressive, avec une culture du conflit et de l’outrance ». « La situation dont elle se plaint, c’est elle qui l’a créée », affirme Me Nicolas Drujon. « On dit que c’est une sale gosse mais il n’y a jamais eu de sanction, de licenciement. Et puis on ne peut pas modifier les horaires d’un salarié protégé », répond Me Mora, qui demande 25 000 € de dommages et intérêts à Carrefour.

Devant le tribunal correctionnel, le patron de l’hyper a été reconnu coupable d’entrave à l’exercice du droit syndical mais a été relaxé pour l’entrave contre la déléguée du personnel. L’employeur - qui a été muté à Nice - et le parquet ont fait appel du jugement. Le conseil des prud’hommes, lui, tranchera l’épineux dossier le 26 mai.

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